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il rêvait d'une belle histoire

Directeur de la filiale belge Crowncork, leader mondial de l’emballage, Pierre Fabre a retrouvé ses origines en achetant le Château de Gaure en 2004. Il avait envie d’une autre histoire qui le rapprocherait de celle de sa famille dans laquelle on est vignerons depuis cinq générations.

À la recherche d’un lieu susceptible de lui raconter son passé

en novembre 2003, il se rend du côté de Carcassonne qu’il connaissait peu (sa famille était originaire du Gard pas de l’Aude) et trouve, non loin de Limoux, le Château de Gaure : des vignes et « un plein » d’histoire.

Pierre Fabre a tout de suite eu un coup de cœur pour ce lieu paisible

entouré de cèdres du Liban et de pins parasols, 200 hectares de forêts et vignes qui constituent une zone très riche de biodiversité, notamment par les nombreuses orchidées présentes dans les forêts. Chevreuils et lièvres traversent la propriété à la nuit tombée. Parfois également quelques sangliers.

Gaure existait déjà du temps de la Préhistoire. Au IIIe siècle avant Jésus-Christ, l’un des plus grands oppidum y fut fondé par les Ibères. Les Romains avaient choisi ce lieu unique, véritable nid d’aigle surplombant la vallée de L’Aude. Du sommet de ces collines, l'ensemble de la région, des Pyrénées à la Montagne Noire (Massif Central) pouvait être sous contrôle. Des fouilles ont permis de découvrir de nombreux vestiges d'habitat, de mobilier, de pièces diverses et d’amphores. À la fin de l'Empire Romain, une villa et ses dépendances occupaient l'emplacement actuel du Château de Gaure. Au fil des siècles, Gaure a vu différentes familles se succéder jusqu’à l’acquisition en 2004 par Pierre Fabre.

Il a fallu d’abord redonner vie au sol

afin que la nature reprenne ses droits et que les vignes puissent à nouveau donner le meilleur. Les bâtiments ont entièrement été refaits : 2 000 m2 de toitures, cave de vinification carrelée d’une mosaïque de pierres naturelles, construction d’un chai enterré… Différentes dépendances ont été réhabilitées pour accueillir des gîtes. Tout en poursuivant son activité d’industriel, cet ingénieur des Arts et Métiers devient

« vigneron à distance »

puisqu’il confie le pilotage de Gaure à Benoît Arletaz. Ayant eu l’occasion de déguster un vin, à son goût exceptionnel (Château de la Roche), Pierre Fabre décide de contacter le conseiller de ce domaine, Jean Armand Bloc, un autodidacte, se présentant comme un « spécialiste des vieilles vignes », passionné de culture biologique. Il vient à Gaure une dizaine de fois par an prodiguant ses conseils de la vigne à la cave.

Gaure étant exclusivement planté de raisins blancs -

chardonnay, mauzac, chenin - 25 hectares au total, Pierre Fabre se met en quête d’un vignoble spécialisé dans la culture des rouges. Il choisit le terroir de Latour de France en Roussillon où

il achète, en 2006, 15 ha de vieux carignans, grenaches, mourvèdres, syrahs et macabeus.

     
   

autoportrait d'un vigneron artiste

Pour se détendre, Pierre Fabre peint. Une partie de ses huiles sur toile orne la petite chapelle du domaine dans laquelle il va de temps en temps se recueillir avec son épouse Alla, d’origine russe, qui lui a donné un charmant bambin, Arnaud.

l a également décoré la cave de fresques, un vrai petit bijou doté d’une gloriette au milieu des cuves sous laquelle se font les dégustations.

Chaque année, les étiquettes des vins Château de Gaure reproduisent une nouvelle création de Pierre Fabre. Ainsi, millésime après millésime, il offre son travail d’artiste à ses clients. « Dans ma peinture je crois que j’ai su garder l’esprit « simple » d’un enfant. Ce qui m’a permis d’affronter la complexité du job de chef d’entreprise. À 17 ans, lors de l’épreuve de dessin au bac, j’obtiens 20/20 en dessinant une courge ! Quelques mois plus tard, en «prépa math sup », la peinture me permettait de relâcher la pression. En peignant, on se place dans un « autre monde »Le rêve...

La peinture m’a toujours permis de m’évader dans un monde « meilleur », un monde sans idées reçues.

Ma vie n’a pas toujours été « un long fleuve tranquille », ruptures et décès m’ont conduit à exprimer ma sensibilité sur du papier, des toiles, du métal. Créatif sans limites, j’ai beaucoup peint, sculpté sans jamais exposer tout ce travail. Des centaines d’œuvres ont enfin trouvé refuge lorsque nous avons acheté le domaine de Gaure et 2 000 m2 de bâtisses. Chapelle, cave de vinification, hall de dégustation sont autant de lieux pour exposer puis créer des toiles. L’artiste qui sommeille en moi, devait trouver un lieu pour s’exprimer. Avec GAURE je suis comblé. La toile la plus grande que j’ai jamais réalisée - 5 X 3 - est issue d’une période difficile de ma vie, à l’âge de 43 ans.
Lorsqu’on conçoit une étiquette, on peut rester classique ou au contraire surprendre.

Comme pour le profil de nos vins, j’ai choisi d’étonner.

Nos premiers clients, en 2005, s’exclamaient en voyant l’étiquette : « avec un tel habillage il y a fort à parier que tout est dans le contenant mais qu’il n’y pas grand chose côté contenu ». Aujourd’hui, symbolisant la qualité de nos vins, l’étiquette est devenue un facteur de reconnaissance de GAURE. Comme la musique, la peinture nous aide à voir le monde meilleur.

Rendre nos bouteilles plus belles, c’est aussi rendre le vin meilleur.

Tous les ans, c’est un nouveau challenge que de produire une nouvelle création. Il me faut généralement dessiner une centaine d’esquisses sur plusieurs mois pour aboutir à celle qui me paraît le mieux représenter le millésime. Noire en 2009 (décès de mon père), comme le millésime jalonné de nombreuses difficultés, l’étiquette 2010, dans des tons d’orange, annonce un beau millésime plein de lumière.
Les tableaux ci-dessous sont issus d’une série de 10 portraits qui on marqué ma vie en 2008 et qui me guideront probablement vers quel av en ? Faire de bons vins en Languedoc, c’était écrit dans mes gènes, devenir artiste professionnel, c’est un de mes rêves. Peu importe le chemin à parcourir, il me semble essentiel de pouvoir réaliser ses rêves ! ».